Depuis le 1er juillet 2026, les entreprises de taille intermédiaire transmettent leurs factures à la plateforme de la DGI dans le cadre du modèle clearance. Cette étape de validation soulève une question juridique récurrente chez nos clients : en cas d’erreur, de rejet ou de facture non conforme, qui est responsable ? L’entreprise émettrice, son cabinet comptable, ou l’éditeur du logiciel de facturation électronique ? Cette FAQ reprend les questions les plus fréquentes sur le sujet.

Qui est responsable en cas de rejet de facture par la plateforme ?
La responsabilité de l’émission conforme d’une facture reste, dans tous les cas, celle de l’entreprise émettrice. C’est elle qui est identifiée fiscalement auprès de la DGI, et c’est elle qui répond de la conformité de ses factures, quel que soit l’outil utilisé pour les produire. Un rejet par la plateforme (données manquantes, format non valide, incohérence entre TVA facturée et régime applicable) bloque l’émission légale de la facture : tant que la validation n’a pas eu lieu, le document ne peut pas être considéré comme une facture opposable au sens fiscal.
Que se passe-t-il en cas d’erreur de format ou de données ?
Une facture qui ne respecte pas le format structuré UBL 2.1 ou CII, ou qui comporte des données incohérentes (identifiant fiscal erroné, TVA mal calculée, absence de signature électronique), sera rejetée par la plateforme avant même d’être validée. L’entreprise doit alors corriger et retransmettre le document. Si l’erreur n’est pas corrigée et qu’une facture non conforme est malgré tout utilisée comme pièce justificative, l’entreprise s’expose aux sanctions prévues par la réglementation, indépendamment de la bonne foi ou de l’origine technique de l’erreur.
Quelles sont les sanctions applicables ?
Les sanctions prévues en cas de facture non conforme comprennent une amende de 500 dirhams par facture, pouvant atteindre un plafond de 50 000 dirhams par an selon les cas, ainsi que la perte du droit à déduction de la TVA associée à la facture concernée. Cette dernière conséquence est souvent la plus coûteuse dans les faits : une entreprise qui a réglé une facture avec TVA mais qui ne peut pas justifier d’une facture électronique valide perd le bénéfice de la déduction, ce qui alourdit directement sa charge fiscale. Notre article sur la conformité TVA et facturation électronique détaille ce mécanisme.
L’éditeur du logiciel peut-il être tenu responsable ?
Sur le plan fiscal, non : l’administration s’adresse toujours à l’entreprise émettrice, jamais directement à son fournisseur de logiciel. En revanche, sur le plan contractuel, une entreprise peut engager la responsabilité de son éditeur si un dysfonctionnement avéré du logiciel (bug de génération du format, panne de transmission) est à l’origine d’un préjudice. C’est pourquoi le choix d’un logiciel fiable, avec des engagements clairs de disponibilité et de conformité, reste un critère décisif évoqué dans notre guide pour choisir son logiciel de facturation électronique.
Le cabinet comptable est-il responsable des erreurs de ses clients ?
Un cabinet comptable qui établit ou contrôle les factures pour le compte d’un client engage sa responsabilité professionnelle en cas de faute avérée dans l’exercice de sa mission, selon les termes de sa lettre de mission. Mais la responsabilité fiscale vis-à-vis de la DGI reste toujours celle de l’entreprise cliente, titulaire de l’identifiant fiscal utilisé pour la transmission. C’est pourquoi une répartition claire des rôles entre client et cabinet, formalisée par écrit, est essentielle dès la mise en place de la facturation électronique.
Comment limiter le risque d’erreur en pratique ?
- Contrôler systématiquement le statut de validation de chaque facture transmise à la plateforme, sans se contenter de l’envoi.
- Mettre en place une procédure de correction rapide en cas de rejet, avant que le délai de facturation contractuel ne soit dépassé.
- Former les équipes commerciales et administratives aux nouvelles règles, plutôt que de reporter toute la charge sur le service comptable.
- S’appuyer sur les retours d’expérience des entreprises déjà assujetties pour éviter les erreurs les plus fréquentes constatées depuis janvier 2026.
Conclusion : la responsabilité reste celle de l’entreprise émettrice
En matière de facturation électronique, la règle est simple : l’entreprise émettrice répond de la conformité de ses factures devant la DGI, quels que soient les outils et prestataires impliqués dans leur production. Une bonne compréhension des sanctions et une organisation claire des responsabilités internes permettent de limiter fortement le risque financier lié à une erreur ou un rejet.
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